18 juin 2007
EN TRAVAUX !
Bonjour,
Mon blog est en travaux ! Son apparence devrait changer mais cela prend un peu de temps..
Amitiés,
Aramis
15 juin 2007
Mise à jour album d'un album photo
Je viens d'ajouter des photos dans l'album "Noir et blanc". Des photos prises à une époque ou la photo était généralement en noir et blanc donc. Quoique... on trouve de très anciennes photos en couleurs mais ce sera pour une prochaine fois. Voici un petit apercçu :
Cliquez sur les images pour les agrandir
Si vous allez dans l'album en question, vous regarderez la photo "nb9". Il arrive à une amie très chère de passer de longs moments avec des chaînes de ce genre et de vaquer à ses occupations équipée ainsi. Hmm en fait les mains sont aussi reliées aux chaînes du bas du corps. Un subtil jeu de contraintes et de réduction des mouvements. C'est un appareillage qui doit être fait "sur mesure" pour permettre de presque tout faire, mais jamais sans quelques difficultés...
Aramis
10 juin 2007
DEFINITION COURANTE DU BDSM (4)
3. DEFINITION DU BDSM A la lecture des textes précédents vous voyez qu’il n’est pas si aisé de donner de but en blanc une définition simple du BDSM. Ou alors ce serait utiliser des mots dont le sens n’est pas clair. Comme je vous le disais, la façon la plus actuelle de définir le BDSM est donc simplement de se référer aux pratiques réalisées. Cette définition a donc au moins l'avantage de mettre tout le monde d'accord. Et ces pratiques sont réalisées dans un contexte qui les rend admissible par notre société, ou au minimum par une morale respectueuse de la personne. C'est ainsi que l'association de ces deux éléments qui permettra de donner une définition réaliste (sinon exacte) du BDSM. Cliquez sur chaque image pour l'aggrandir La définition que je peux maintenant donner n’est pas de moi. A la suite d’échanges avec une personne que je respecte beaucoup, même si nos avis divergent parfois, je me suis dit que finalement c’était ça. Le hic, c’est que je suis obligé de faire confiance à ma mémoire car ça fait un bail que nous en avons parlé et j’ai perdu une partie de mes archives. Alors disons que je vais essayer de la restituer au mieux. Définition du BDSM : Le BDSM est une activité réalisée entre adultes consentants qui comporte des pratiques de bondage et de discipline (B&D), de domination et de soumission (D&S) ou de sado-masochisme (SM) et qui n'engendre aucun préjudice physique ou moral aux pratiquants ou au public présent. Maintenant que les termes B&D, D&S et SM ont été précisés et des exemples fournis, cette définition peut prendre un sens. L’idée de ne pas causer de préjudice à son partenaire (dominant ou soumis) est aussi fondamentale. C’est ce qui rend cette activité respectueuse de la personne. J'ai bien écrit Dominant ou soumis. En effet, ce n'est pas toujours la personne soumise qui subit un préjudice. Evidemment une erreur technique du Dominant peut créer une blessure et c'est d'abord à cela qu'on pense. Auquel cas la personne dominante doit logiquement faire marcher son assurance. Mais parfois aussi les Dominants vivent des événements qui posent problème. L'exemple classique est le Dominant qui est harcelé par dépit amoureux par une personne soumise. Ou encore je vais prendre un exemple qui s'est passé pas très loin de chez moi. Un soumis plutôt expérimenté demande à son épouse de le dominer. Elle accepte et ma foi les choses se passent bien sauf qu'elle aime rester une dominatrice assez "soft". Puis son mari arrive à la convaincre d'aller beaucoup plus loin, il souhaite montrer à son épouse dominante jusqu'ou il aime les humiliations. Et bien là les problèmes sont arrivés sous la forme d'une sévère dépression nerveuse qui a touché l'épouse dominante, totalement désorientée dans son couple. Ils sont allés trop loin. Dans ce cas, c'est bien la persone dominante qui a été victime d'un préjudice. Comme quoi les choses sont assez subtiles en BDSM. Si ce couple avait pu lire cette définition, et y réfléchir, peut-être que les choses se seraient passées différemment. La définition qui vient d'être donnée place aussi de fait le BDSM dans un cadre légal (au moins dans les pays « libres » occidentaux). Tant qu’aucun préjudice n’est causé, vous pouvez disposer de votre corps comme vous l’entendez. J’attire votre attention sur le fait qu’on parle aussi du public présent. Effectivement, il faut penser que la vision de pratiques BDSM peut choquer et donc il ne faut pas l’imposer à ceux qui ne le souhaitent pas ou encore a ceux à qui cela ne ferait pas de bien. Cliquez sur chaque image pour l'aggrandir Il reste un terme dans la définition qui ne tombe pas sous le sens. C’est le terme « entre adultes consentants ». Contrairement aux apparences, l’aspect consensuel des actes, ce n’est pas simplement, pour une personne de plus de 18 ans, dire « oui » ou ne pas dire « non ». Cela doit être fait par une personne disposant de toutes ses facultés et qui est réellement informée. En BDSM, on parle de consensualité éclairée. C’est une notion dont nous reparlerons dans un autre article. Il faudra bien ça pour en faire le tour. En effet, c'est l'aspect consensuel des choses le point faible du BDSM. C'est une notion claire... à condition de l'avoir comprise. Ce thème sera donc l'objet d'un article dans la catégorie "C'est quoi le BDSM ?" tellement c'est lié à la nature de cette activité. Mais vous n'êtes pas sans outils pour mettre en application la définition du BDSM que je viens de donner. Par exemple, la façon la plus courante de mettre en application cette définition est de parler de BDSM sécurisé, sain et consensuel (BDSM "safe, sane and consensual"). Ce n’est pas vraiment un hasard si ces deux terminologies se recouvrent. Finalement, c’est la même idée à la base. Par exemple, si vous préparez une activité BDSM, demandez vous d’abord comment vous garantirez que cela sera consensuel du début à la fin (entre adultes consentants), puis vérifiez que cela sera sain pour les personnes présentes (pas de préjudice moral) et enfin le plus simple, organisez la sécurité pratique de l’activité (pas de préjudice physique). Voilà, c’est tout simple.
Cliquez sur l'image pour l'aggrandir Amitiés, Aramis PS : Incroyabel ! je l'ai fait en seulement 1000 mots.
Par conséquent toute personne qui sortirait de ce cadre ne pourrait pas prétendre faire du BDSM. La définition est assez large pour permettre aux gens civilisés d’y trouver leur bonheur. Il me semble que les seuls qui sont exclus par cette définition, sont ceux qui veulent porter un « préjudice » réel à leur partenaire soumis ou dominant (en l’occurrence partenaire qui devient une victime) ou qui sont victimes d’un penchant exagéré pour l’autodestruction. Vouloir réellement infliger ou recevoir des sévices qui laissent des séquelles réels et durables, physiques ou mentales, relève en effet d'une pathologie mentale et non d'activités BDSM. Je ne parle pas là de fantasmes ou d'oeuvres de fiction, à je parle de la pratique réelle et concrète.
(clin d'oeil suite à un commentaire laissé sur un précédent message)
Enfin sachez qu’au sein du BDSM, chacun peut doser comme il l’entend ses pratiques entre B&D, D&S et SM. On a l’habitude de représenter ce dosage sous la forme d’un triangle, le triangle BDSM. Nous en reparlerons.Mais chaque chose en son temps.
09 juin 2007
Audimat ou tranquillité ?
Audimat
La barre des 2000 visiteurs a été franchie sur ce petit blog il y a quelques jours. 2000 visiteurs c'est très peu en réalité pour un blog. En fait je n'ai découvert que récemment le module de statistiques fourni par canalblog. Je vous rassure (ou je vais vous décevoir) mais je ne vais pas chercher à faire de l'audimat. Je vais tranquillement et à mon rythme continuer d'y poster quelques petites choses.
J'ai juste découvert canalblog et j'ai déballé mes cartons...
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Et je commence à ranger les choses, à les accrocher dans mes placards, comme vous pouvez le voir.
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Mon impression, mon sentiment vis à vis de ce blog... Et bien quelque part au niveau du vêcu... Au niveau de mon Moi profond ? Rien... Je suis assez satisfait que ce bidule marche à peu près c'est tout.
Bon, je vous laisse, la soirée devrait être intéressante. Après-tout il faut profiter un peu de ses week-ends.
Amitiés,
Aramis
05 juin 2007
Quelques Liens
Bonjour,
Il est toujours difficile de faire une liste de liens. Il y a les amis, ceux dont les blogs sont magnifiques et les sites incontournables. Seulement, on arrive vite à une liste sans fin.
Donc plutôt que de tout mettre dans la colonne de gauche de mon blog, je vais vous donner ici (dans ce message) de quoi vous occuper peandant la pause café ou à l'heure du déjeuner.
Une artiste, Persephone. Du talent et encore du talent :
http://persephonehades.canalblog.com/
Voici le blog d'une charmante personne qui a laissé quelques commentaires ici :
http://m-aime-a.over-blog.fr/
Une personne qui allie la forme et le fond. Ceci étant, soyez respectueux et courtois avec elle.
Maintenant le blog du Maître des Jeux et de Laïka : http://maitredesjeux.canalblog.com/
Pour le résumer, disons que l'intelligence y est au pouvoir, c'est tout dire.
Et pour finir le site de Lady Devilish : http://devilishlady.canalblog.com/
Un site superbe. De l'humour, de l'intelligence, du respect... Bref, que demander de plus.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Ah non ! Il manque la petite image pour récompenser les soumises sages... Les Doms sont donc priés de ne pas cliquer.
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Amitiés,
Aramis
03 juin 2007
DEFINITION COURANTE DU BDSM (3)
2.3 Définition du sadomasochisme
Le Sadomasochisme en BDSM
SM signifie Sadomasochisme (ou sado-masochisme). Le sadomasochisme est une pratique sexuelle consistant à utiliser la douleur (douleur physique ou souffrance cérébrale), dans la recherche de plaisir sexuel. La personne qui aime infliger cette douleur est appelée « sadique » (mais pas au sens d’une pathologie mentale) et celle qui aime recevoir cette douleur est appelée « masochiste » (mais dans un sens plus léger que le terme psychiatrique). Il est important de noter que le SM peut exister en absence de relation D/S significative. Le SM, physique ou cérébral est "directement" un chemin lié à l'apaisement d'un besoin sexuel qui passe par l'application ou le ressenti d'une souffrance.
Voilà, c’est tout simple t il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. Le but est le plaisir sexuel. Toutefois, on a l’habitude de dire qu’infliger de la souffrance (désirée) dans le but de procurer du plaisir est une chose, mais qu’il ne s’agit pas de le blesser son partenaire. Le terme sado-masochisme est employé aujourd’hui dans le cadre d’activités consensuelles ou la douleur est présente et ou une personne possédant des tendances sadiques vient compléter les penchants d’une personne ayant des tendances masochistes. Pratiquer le SM est un sport d’équipe entre deux partenaires complémentaires qui maîtrisent leurs penchants.
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La nouvelle vision du sado-masochisme est « healthy », c’est à dire littéralement « bonne pour la santé » mais surtout c’est la plus efficace ! Un sadique souhaite infliger et voir l’effet de la douleur sur autrui. Un masochiste souhaite ressentir cette douleur. Un pratique saine permet de maintenir une relation entre les deux partenaires car satisfaisante pour les deux partis. De plus, les gens qui organisent leur activités SM de façon informée le conçoivent comme un sport très sérieux et sécurisé. La douleur n’est pas vue comme une chose négative. La douleur est une chose ressentie, que l’on peut mesurer et dont on attend certains effets. La résistance à la sensation de douleur est une question d’endurance et d’intensité. Cette attitude et cet entraînement face à la douleur est donc quelque chose qui s’apprend de la même façon qu’un sportif qui fait le marathon s’entraîne aussi à résister à la douleur. En clair, la douleur est un élément dont on attend des effets euphorisants grâce à la production d’endorphines et d’adrénaline par le corps. D’ou une technique progressive et adaptée utilisée par les deux partenaires afin d’atteindre un certain but. Pour le « sadique » le plaisir est là aussi. C’est un plaisir empathique de voir les effets de son action sur la personne masochiste. La douleur est réelle, dosée en fonction des désirs de la personne masochiste, le plaisir l’est aussi mais à aucun moment il n’est question de causer un traumatisme physique ou psychologique à son partenaire. Le côté sécurisé du SM suppose qu’aucun préjudice ne sera causé à la personne masochiste et le côté sain du SM suppose d’envisager une expérience SM comme psychologiquement positive pour les deux partenaires.
Différence entre masochisme physique ou et masochisme cérébral
Le masochisme peut être physique ou cérébral. Il est caractérisé par le fait que pour atteindre "l'extase", le plaisir (de nature sexuelle) il faut à une personne en passer par le ressenti d'une souffrance physique ou morale (humiliation, frustration...). Toutefois il faut bien différencier les deux. Certaines personnes sont des masochistes « physiques » et ne recherchent aucunement l’humiliation ou une souffrance cérébrale. Trop souvent leurs partenaires confondent les deux et dévalorisent moralement leur partenaire masochiste physique, qui est profondément blessé par cette dévalorisation. Au contraire, il est nécessaire de préserver l’estime qu’il a de lui même. Donc faites attention.
Une dose de masochisme physique. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
D’autres masochistes sont des masochistes cérébraux qui ne recherchent pas particulièrement de douleur physique. Ce qui va intensifier leur plaisir, ce sont des pratiques d’humiliation par exemple, pratiques ou notamment ils ressentiront une « honte » bienfaisante. Encore une fois trop souvent leurs partenaires, par incompréhension, vont leur infliger une douleur physique importante. C’est une erreur, dans leur cas, une douleur légère peut être un plus, car elle est le témoin tangible de leur situation « humiliante ». Mais c’est plus l’idée de subir un acte douloureux, témoin de leur humiliation, qui leur donne du plaisir que le fait même de la douleur. C’est donc toute la mise en scène de la chose qui fait son effet, à condition de ne rester que dans des niveaux de douleurs faibles et excitants pour ces personnes. Ces personnes recherchent en premier des « souffrances » cérébrales (humiliations, situation de gène ou dévalorisantes, honte, frustrations…) et non de la douleur physique. A noter qu'on est au delà de ce qu'on rencontre comme émotions dans le cadre de B&D. Puisqu'il s'agit de SM, on parle de scénarios plus forts.
De quoi satisfaire une masochiste cérébrale. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Prenons un exemple simple (simpliste) : une femme masochiste subit la pose de pinces sur ses seins et sur les grandes lèvres de son vagin. Avec une masochiste physique, vous allez poser puis retirer successivement des pinces de plus en plus douloureuses en respectant une progression. Ceci afin, de laisser les endorphines arriver, et permettre à votre partenaire de supporter le niveau de douleur nécessaire qui précédera l’extase sexuelle. Cette extase sera provoquée au bon moment, par exemple avec un vibromasseur placé sur le clitoris de la dame en question. Mais vous ne l’insulterez pas, ne la « rabaisserez » pas. Ce serait psychologiquement préjudiciable (en tout cas préjudiciable à son plaisir). A l’inverse, avec une masochiste cérébrale, vous ferez moult commentaires sur son attitude honteuse, ses plaisirs troubles et mettrez en scène la pose des pinces de façon à ce qu’elle « n’en rate pas une miette », qu'elle soit rouge de honte. Vous l’ « obligerez » à savourer sa honte etc… Les pinces seront moins cruelles que dans le cas précédent et ne feront que provoquer des serrages excitants mais peu douloureux. Et c’est lorsque son excitation mentale sera à son comble que vous utiliserez votre vibromasseur pour l’amener à l’orgasme. En revanche, des douleurs trop fortes couperaient totalement son plaisir.
Bien évidemment, les deux configurations peuvent se trouver chez une même personne. Mais il est nécessaire de savoir à qui on a affaire.
Pareil pour le sadique (pas au sens pathologique, au sens d'un partenaire responsable). Par exemple, un sadique "cérébral" aura besoin d'infliger une souffrance morale (humiliation, etc) pour parvenir à sa propre extase. Il jouira de voir son partenaire dans une situation humiliante. D’autres sadiques sont plus physiques et ne sont touchés que par la vision d’une douleur réelle chez leur partenaire. Comme les « sadiques » en BDSM ne sont pas des malades mentaux (j’insiste !) ils doivent impérativement maîtriser leurs actes et respecter le plaisir et les limites de leurs partenaires. L'utilisation du terme sadique dans le cadre du BDSM (et donc du SM) implique une relation codifiée, respectueuse et sécurisée. Cette relation implique des règles établies entre les partenaires, qui fixe des limites dans les actes réalisés. Le terme de sadique représente ainsi plus une personne dominante à tendance sadique que réellement sadique. D’ailleurs la place d’un sadique (au sens pathologique du terme) n’est pas dans le monde BDSM, mais à l’asile.
Pour conclure, je dirai que le SM est vieux comme le Kâmasûtra. On y fait allusion a des actes SM pour atteindre le plaisir. Dans les pays occidentaux, le sado-masochisme n'est pas interdit par la loi s'il se pratique entre partenaires adultes consentants qui, souvent, établissent une relation très stable, leur sexualité « SM » n’étant qu’un des aspects de leur vie, par ailleurs très banale. Il faut noter que, la Cour Européenne des Droit de l'Homme (CEDH) a statué contre une pratique du sadomasochisme si la personne masochiste demandait de façon expresse mais aussi tacite l'arrêt de ces pratiques.Mais bon, cela tombe sous le sens entre gens civilisés.
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2.4 L'histoire désastreuse d'un mot : Sadomasochisme
Je reviens sur le sambigüités du terme sadomasochisme et à sa malheureuse histoire. Ne lisez ce chapitre que si le sujet vous intéresse. Là je sors un peu des sentiers battus pour donner une vision personnelle des choses sur l'histoire du mot ssado masochisme SM signifie sado-masochisme. Le souci c’est que dans d'autres contextes que le BDSM, « sadisme » signifie une chose, « masochisme » une autre et « sado-masochisme » encore une autre. Il faut remonter à la classification de Kraff-Ebbing qui a défini en psychiatrie le terme de sadisme et le terme de masochisme. La classification de Kraff-Ebbing date de 1886 ! Auparavant le SM était plus une curiosité qu’un problème. D'anciens livres comme le Kâmasûtra citent les morsures et les griffures comme moyens de parvenir à l'extase. Or, la culture judéo-chrétienne considère l'utilisation de la douleur comme une pratique perverse (de même que la sodomie ou l’homosexualité). C’est Kraff-Ebbing qui au 19ème siècle a fait du sadomasochisme une pathologie (mais la masturbation en était une à cette époque !). La classification de ce médecin décrivait d’un côté le sadique qui aime infliger de la douleur sans s’occuper de sa victime et même qui la préfère non consentante. De l’autre, le « masochiste » qui lui souhaite ressentir de la douleur et est doué d’un solide penchant pour l’autodestruction. Bref, ce psychiatre mélangeait allègrement des cas pathologiques et de simples originalités sexuelles. Il a fallu attendre Freud pour que le terme « sado-masochisme » laisse entendre qu’il pouvait y avoir un possible arrangement entre les deux types de personnages. Toutefois Freud, s’inscrit lui aussi dans le cadre d’une sexualité pathologique qu’il faut éradiquer. La morale de son temps… La classification actuelle des maladies mentales (le DSM IV) place le sado-masochisme dans le cadre des « paraphilies », tout comme par exemple le travestisme, le fétichisme, ou l’exhibitionnisme. Mais, nuance de taille, vous n’êtes pas un malade mental pour autant. Notamment, un niveau de dépendance est à considérer ainsi que l’existence d’une souffrance psychologique "cliniquement significative" sont nécessaires au diagnostic d’une pathologie mentale. Bref, c’est comme tout. Faire du SM aujourd’hui, ne fait pas de vous un cas pathologique.
Revenons à l’origine des mots « sadisme » et « masochisme ». Kraff-Ebbing a fait une grosse faute de goût en choisissant ces termes qui induisent un flou supplémentaire. Relier le sadisme pathologique aux écrits du Marquis de Sade c’est tout mélanger. Sade, (qui n’était pas dans la réalité aussi sadique que ce que ses écrits laissent supposer), était avant tout un philosophe militant de la fin du 18ème siècle (Sade était contemporain de la révolution française). Il faut donc être prudent avec l'analogie entre l'histoire romanesque et la pensée moderne du sado-masochisme. Le « sadisme » décrit dans les œuvres de Sade ne peut être réduit à une pratique sexuelle et n'a rien à voir avec la représentation moderne que l'on s'en fait. Le « sadisme » des écrits de Sade représente, de manière plus générale, une confrontation philosophique entre la pensée de l'homme bon par nature et celle de l'homme mauvais qui doit brider ses passions. Sade formule une vision du monde par l'image sexuelle qui est en réalité une confrontation morale de valeurs et de systèmes. Le terme « masochisme » quant à lui, s’inspire du roman « la venus à la fourrure » de L. von Sacher-Masoch (1836-1895) qui était un écrivain allemand de l’époque romantique. Or, dans La Vénus à la fourrure, le plaisir que prend le narrateur à devenir l'esclave d'une femme et de l'amant de celle-ci est tout relatif. C’est même plutôt le contraire. Bref, malheureusement, c’est en se basant sur ces oeuvres littéraires (du 18ème et du 19ème siècle) que certains s’accrochent à une image du SM qui est dangereuse pour tout le monde car mise en application, ce ne serait qu’un SM pathologique et dangereux. Ce serait une vision égoïste du SM ou un sadique utilise les penchants autodestructeurs d’un masochiste de passage en se moquant des conséquences. Cela n’a rien à voir avec le BDSM « concret » (voir « l’emblème du BDSM). Et la référence au monde psychiatrique (Kraff-Ebbing, Freud…) n’est pas faite pour clarifier les choses puisqu’elle mélange une simple originalité sexuelle avec des cas pathologiques.
Les sexologues ont tenté d’employer le terme d’ « algolagnie » pour décrire le fait d’apprécier la douleur dans un cadre sexuel. On parle d’algolagnie positive pour ceux qui aiment infliger de la douleur et d’algolagnie négative pour ceux qui aiment la recevoir. Ce terme est moins connu que celui de sado-masochisme mais il a été choisi justement pour éviter les quiproquos et la connotation péjorative ou « dangereuse » du terme masochisme. Mais cette dénomination a peu de succès auprès du grand public..
En clair, une relation entre un sadique véritable et une personne masochiste est très rare dans le cadre d'un consentement libre et éclairé (ce type de consentement est nécessaire en BDSM, si vous êtes un malade mental, ce n’est pas le cas). Une telle relation impliquant un sadique (au sens psychiatrique) ne peut se développer que dans une relation de dépendance affective vécue par la personne soumise dans le cadre de problèmes psychologiques sérieux. Bref, dans des cas pathologiques, il ne s’agit pas de BDSM, mais de violences réalisées sur une personne fragilisée (on peut prendre comme analogie le cas des femmes battues par leur conjoint et qui n’ont pas la force de quitter leur foyer).
Il est donc clair que la genèse du mot sadomasochisme a été une catastrophe qui ne clarifie pas les choses et le mot renvoie a des domaines qui malheureusement peuvent alimenter des fantasmes destructeurs. Donc n'oubliez pas : sécurisé, sain, consensuel.
A venir : 3. Définition du BDSM et du triange BDSM
Amitiés,
Aramis.
PS : J'adore cette photo.
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