Aramis

Une vision positive et civilisée du BDSM. Soyez heureux et profitez de la vie avec panache !

24 septembre 2007

LES CODES DE SECURITE EN BDSM (1)

J’ai repris en partie des textes venant d'un site dont je vous donne le lien : http://maitresse-ange.hautetfort.com/. Ceci étant il semblerait que l'inspiration initiale (en français) vienne de chez http://mehere.free.fr/alamut/. De toute façon on traite de choses basiques là donc qu'on retrouve partout.

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1. POURQUOI LES CODES DE SECURITE ?

Toute pratique en BDSM peut comporter des risques physiques ou moraux. Pour pouvoir réagir au plus vite tout en ne bridant pas le déroulement d’une séance, deux outils ont été mis au points : Le «safeword» ou mot d’arrêt, ainsi que son équivalent gestuel («safesignal») et le code des couleurs. Disons que l’emploi d’un safeword est obligatoire (garantie de la consensualité des actes) et que celle du code des couleurs est facultative mais elle comporte énormément d’avantages. Rappelons-le sans safeword, un « non » reste un « non ». Sans safeword, vous entrez dans un monde flou ou personne ne sait vraiment si ce que vous faites est une activité entre adultes consentants ou bien si c’est quelque chose qui peut déraper à tout instant vers un acte non consensuel. Le rôle du safeword est qu’une fois prononcé par la personne soumise, l’activité doit immédiatement cesser et la personne doit être libérée de ses liens éventuels. Que la raison de l’arrêt soit liée à son envie de cesser  l’activité ou qu’il y ait un problème de sécurité, peu importe, toute prolongation de l’action, une fois le safeword prononcé, serait une agression physique, bref une action non consensuelle et pénalement répréhensible. Nous verrons comment l’utiliser et comment ne pas le détourner de son usage. Si un Dominant refuse d’employer un safeword, vous pouvez douter de sa volonté de rester consensuel avec vous… C’est probablement quelqu’un qui va essayer de vous manipuler ou d’instaurer un climat malsain de crainte dans votre relation. Donc fuyez-le ! Evidemment, si un Dominant ne respecte pas un safeword, il ne s’agit plus d’un Maître ou d’une Maîtresse, mais juste d’un agresseur sexuel. Voilà, c’est dit ! Le code des couleurs répond lui au besoin très simple de savoir s’il faut intensifier la pratique (elle s’ennuie la soumise là ?) ou de ralentir l’allure. En effet, les réactions du partenaire ne sont pas toujours évidentes à interpréter. Le code des couleurs permet donc de se renseigner sur le ressenti de la personne soumise rapidement et sans gêner le déroulement des activités en cours.

Sans l’utilisation de ces codes de sécurité (code des couleur et safeword), le ou la soumise ne s’abandonneront jamais totalement, et sans abandon et mise en confiance totale il ne peut être question de séance réussie. En effet comment plonger au cœur d’une séance, tant qu’il y aura une partie, de l’esprit de votre partenaire soumis  qui se posera la question de la préservation de son intégrité physique ou mentale. La confiance, si elle se sait méritée, est la seule clef qui ouvre la porte qui permet de pratiquer pleinement. Or, ces codes de sécurité sont les outils concrets qui permettent à un Dominant, non seulement de prouver à la personne soumise qu’elle mérite sa confiance, mais aussi d’estimer précisément le ressenti de la personne soumise au cours d’une activité. Comment Dominer au mieux si on se demande toujours quel est le ressenti de son partenaire ? Enfin, même au début, pour une petite fessée, vous verrez qu’employer ces codes de sécurité vous aidera à progresser quelque soit votre rôle (Dom ou soum).

Lorsque la relation entre le ou la dominatrice et le ou la soumise sera fusionnelle, que leur relation sera forte et pleine d’empathie, donc réelle ; lorsque donc la relation sera effective ,  le ou la soumise n’utiliseront probabalement  plus que le code ROUGE et le SAFEWORD. Mais il est fondamental de comprendre que l’existence de ces codes est la preuve tangible que même si vous vivez des choses fortes avec votre partenaire, vous vous situez tous les deux dans le cadre d’une relation que vous voulez sécurisée, saine et consensuelle. Ce positionnement (distancié) est très important pour préserver votre intégrité psychologique.

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2. CODES DE COULEUR

L’emploi du code des couleurs est très simple. A tout moment, la personne Dominante pourra poser la question « Couleur ? » à la personne soumise, qui aura alors l’obligation de répondre par la couleur qui indique son état d’esprit du moment, en accord avec les codes décrits ci-après, et sans jamais mentir. Donc question : Couleur ? Réponses possibles : « Vert », « Orange » ou « Rouge ».

La personne soumise pourra également, si elle le juge approprié, donner spontanément à son partenaire des indications sur son état émotionnel à travers un de ces codes de couleurs. Dans l’idéal, les codes de couleur devraient être considérés comme des indications données en dehors de toute conversation, immédiatement oubliés, comme une lecture instantanée qui n’appelle aucune discussion, aucun commentaire, mais simplement une orientation pour la suite des évènements.

Vert

L’action peut continuer sans aucun problème, la personne soumise se sent très à l’aise. A là limite, peut-être faut-il intensifier la pratique. Le code « Vert » en revanche est approprié pour des période de repos.

Orange

L’action s’intensifie, en bien ou en mal, mais peut se poursuivre sans aucun problème. L’orange n’indique pas ici qu’il faut ralentir ou s’arrêter, mais plutôt poursuivre… en veillant toutefois peut-être à ne pas augmenter trop rapidement l’intensité de l’action. De par le paradoxe du BDSM, l’orange représente une sorte d’idéal… le vert pourrait signifier accélérer,  quand l’orange marquerait l’équilibre dans lequel la personne soumise se sent basculer dans la soumission, le fameux passage de pouvoir…

Rouge

L’action devient trop intense, et la personne soumise préfèrerait la voir se ralentir. Le rouge n’a pas valeur de safeword : si le plaisir du partenaire est de continuer l’action, voire même de l’intensifier, il en a le plein pouvoir, tout en sachant que son plaisir commence peut-être à se faire au détriment de sa partenaire. Toutefois, tant que le safeword n’est pas prononcé, l’accord est implicitement donné par la personne soumise pour que l’action se poursuive.

Il est à noter que le code « rouge » peut être utilisé par la personne soumise pour signifier à son partenaire qu’elle va peut-être prononcer son safeword : bien souvent en BDSM, une situation difficile à supporter est aussi une situation que l’on a des réticences à quitter, et l’activité peut alors devenir dangereuse… la personne soumise hésitera moins à dire spontanément « Rouge » – qui n’arrête pas l’action mais la ralentit – qu’à prononcer son safeword. Charge alors au dominant, selon l’action, de juger de la suite à adopter : continuer, ralentir, parler, placer un moment de tendresse…

Pourquoi est-ce que je décris d’abord le code des couleurs au lieu de parler d’abord du safeword ? Et bien parce qu’insidieusement, je suis en train de vous montrer que dans une pratique BDSM, qui doit être consensuelle, il n’y a pas de demi mesure. Toute personne soumise qui craindrait d’exprimer un ressenti, qui aurait peur de refuser ou de cesser une activité (craignant une punition en raison de son refus par exemple), et bien toute personne dans cette situation est victime d’un abus sexuel. Et oui ! On voit encore des soumises qui ont peur de dire «stop» ou «pas ça» parce que leur «Dom» les menace d'une «punition de représailles» par la suite. Il est évident que ce genre de procédé qui distille de la crainte est à l’opposé d’une pratique consensuelle. Or employer le code des couleurs, apprendre à l’utiliser, c’est vous mettre tout de suite en dehors du champ des abus potentiels. Et oui, puisque le principe est de baser son action sur le ressenti de la personne soumise, les deux partenaires se placent d’emblée dans le cadre d’une action sécurisée, saine et consensuelle.

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Amitiés ,

Aramis

A suivre : Le Safeword.

Posté par Aramis21000 à 16:24 - 4. Une pratique sécurisée - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 septembre 2007

Programme d'automne

Bonjour à toutes et tous,

D’abord quelques petites images pour égayer cette rentrée qui semble bien morose. Aurions-nous manqué de soleil cet été ? On va dire que c’est mon cadeau de rentrée pour redonner le sourire à ceux qui me lisent.

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Je vais donc vous annoncer l’essentiel des réjouissances pour le trimestre qui vient. Je vais tranquillement terminer des articles sur des éléments de base pour que tout un chacun puisse pratiquer avec son partenaire dans les meilleures conditions. Probablement en me lisant, des personnes expérimentées diront que cela ne va pas très loin tout ça, que c’est trop « terre  à terre ». Et au fond, elles n’auront pas tort. Toutefois, il faut souvent en revenir aux bases, aux fondamentaux. Parfois une théorie, une « philosophie », un univers fantasmatique trop prenant risque de vous faire perdre contact avec la réalité. Il suffit donc d’en revenir aux choses fondamentales. Mais qu’appelle-t-on des choses fondamentales ? Vous verrez, que j’essaie de rendre l’ensemble des données que je vous présente, cohérentes entre elles. En effet, parfois on oppose à tord la liberté et la sécurité par exemple… On oppose l’abandon et la responsabilité, on oppose soumission et libre arbitre, on oppose libre-arbitre et passions (je sais cher ami, ce n’est pas simple mais nous verrons dans l’article sur la consensualité éclairée). Bref, ces paradoxes ne sont possibles que parce que la réflexion alors s’immisce, par un artifice rhétorique, en dehors du cadre sécurisé, sain et consensuel de la pratique. Bref, tout ne se vaut pas. Pour ne pas faire d’erreur d’interprétation, les concepts, les valeurs qu’on pose, doivent être hiérarchisées. On pratique dans un cadre donné et si on tombe sur une espèce de paradoxe dans les choix que vous devez faire, à un conflit entre « valeurs », il faut donner la priorité à ce qui est placé plus haut dans la hiérarchie d’une pratique. Le plus fondamental a été posé dans la définition du BDSM (ça je l'ai déjà fait, ouf !).  Le reste sera en cohérence avec cela et en accord avec les droits de tout être humain et en respectant sa sécurité.

Je publierai donc des choses toutes simples pour commencer sur le « code des couleurs » et sur le « safeword ». Seulement comme je me suis appuyé notamment dur des textes d’une relation à moi, je préfère lui demander si elle souhaite être citée ou si elle veut un lien vers son site. Je vais donc peut-être attendre sa réponse.

Pour le reste du programme, je l’ai annoncé dans un des premiers posts sur mon blog.

Amitiés,

Aramis

Posté par Aramis21000 à 09:46 - 4. Une pratique sécurisée - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2007

COUR EUROPEENE DES DROITS DE L'HOMME & BDSM

Bonjour,

Je vais vous parler aujourd’hui d’un arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Cet arrêt est intéressant car il aborde le cadre légal dans lequel le BDSM doit se situer. La loi ne règle pas tout, mais entre liberté et responsabilité, entre acte "normal" et acte trop dangereux, entre acte consensuel et acte contraint, il faut bien trancher et dire ou s’arrête l’un et ou commence l’abus.

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Au départ, c’est sur Wikipedia que j’étais tombé là dessus : « Dans les pays occidentaux, le sado-masochisme n'est pas interdit par la loi s'il se pratique entre partenaires adultes consentants /…/. Cependant, la Cour Européenne des Droit de l'Homme (CEDH) a statué dans l'affaire K.A. et D.D. c/Belgique le 17 février 2005 contre une pratique du sadomasochisme si la personne "esclave" demandait de façon expresse mais aussi tacite l'arrêt de ces pratiques. »

Cela m’a bien évidemment intrigué et j’ai fait quelques recherches. Je remercie cette chère Maîtresse P ( http://maitressep.over-blog.com/) pour m’avoir donné le lien qui m’a permis de retrouver l’Arrêt de la CEH. Elle a bien voulu répondre à la question déposée en ce sens sur le forum BDSM-Abus (http://bdsm-abus.positifforum.com/).

La Cour européenne des Droits de l’Homme a été créée à Strasbourg par les Etats membres du Conseil de l’Europe en 1959. Les arrêts de la Cour sont disponibles sur son site Internet (http://www.echr.coe.int) 

Je ne vais pas tout mettre ici vous trouverez le reste sur le lien :

http://www.echr.coe.int/fr/Press/2005/fev/Arr%C3%AAtdeChambreKAetADcBelgique.htm

Voici l'arrêt de la CEH :

ARRÊT DE CHAMBRE K.A. ET A.D. c. Belgique (17/02/2005) 

1.  PRICIPAUX FAITS, (voilà l’histoire !) 

Les requérants, K.A et A.D., sont deux ressortissants belges nés respectivement en 1945 et 1949 et qui habitent en Belgique. A l’époque des faits, K.A. qui était magistrat et A.D. médecin, s’adonnaient à des pratiques sadomasochistes avec l’épouse de K.A. De 1990 à 1996, ils fréquentèrent un club sadomasochiste dont les propriétaires firent l’objet d’une enquête judiciaire qui leur fut étendue. 

Le 30 septembre 1997, sur le fondement des articles 398 et 380bis du code pénal, la cour d’appel d’Anvers reconnut les requérants coupables de coups et blessures volontaires et jugea que K.A. était également coupable d’incitation à la débauche ou à la prostitution. Ce dernier fut condamné à une peine de an d’emprisonnement et 100 000 francs belges (BEF) (soit 2 478 euros (EUR)) d’amende avec sursis, assortie notamment de l’interdiction d’exercer pendant cinq ans toute fonction, emploi ou office public ; A.D. se vit quant à lui infliger un mois d’emprisonnement et 7 500 BEF (à savoir 185 EUR) d’amende avec sursis. 

S’agissant des coups et blessures, la cour d’appel nota que les requérants s’étaient livrés à des pratiques d’une extrême violence dans des locaux spécialement loués et aménagés à cet effet par eux, et que ces pratiques étaient d’ailleurs interdites par le règlement des clubs sadomasochistes précédemment fréquentés par K.A. et son épouse. 

Outre une grande cruauté, ces pratiques, qui ont été enregistrées sur des cassettes vidéo saisies lors de l’instruction, révèlent notamment que les prévenus ont plusieurs fois ignoré que leur victime suppliait qu’il soit mis un terme aux opérations en cours. La cour d’appel estima que les pratiques en question étaient tellement graves, choquantes, violentes et cruelles qu’elles portaient atteinte à la dignité humaine, et le fait que les prévenus continuaient de soutenir qu’il n’y avait ici qu’une forme d’expérience sexuelle dans le cadre du rituel du jeu sadomasochiste entre personnes majeures consentantes et dans un lieu fermé, n’y changeait rien. 

Par ailleurs, la cour d’appel estima établi que K.A. s’était également rendu coupable d’incitation à la débauche et à la prostitution, dès lors qu’il avait lui-même proposé aux dirigeants d’un club sadomasochiste que son épouse s’y livrât, comme « esclave » et moyennant rémunération, à des pratiques très violentes relevant de la débauche et de la prostitution, qu’il avait implicitement consenti à l’insertion de petites annonces dans ce but et avait fourni une aide matérielle en conduisant à quelques reprises son épouse au club en question et en allant chaque fois la rechercher et réceptionner l’argent, et cela pendant des mois. 

Note d’Aramis : Voilà de quoi faire réfléchir ceux qui pensent que le milieu BDSM et la prostitution réelle sont deux mondes bien séparés. Quand  il y a prostitution réelle d’une soumise (ou de soumis), on parle de proxénète, pas de Maître ou de Maîtresse.

Les requérants introduisirent un pourvoi en cassation qui fut rejeté par la Cour de cassation le 6 janvier 1998. Ayant relevé que K.A. avait sérieusement porté atteinte à la dignité de sa fonction de juge et que, dès lors, il n’était plus digne de l’exercer, la Cour de cassation prononça sa destitution le 25 juin 1998. Ce dernier perdit par la suite son droit à une pension de retraite du secteur public.

2.  EXTRAITS DE L’ARRÊT ET DES COMMENTAIRES DE LA CEH 

La Cour rappelle qu’il ne lui appartient pas de se prononcer sur la responsabilité pénale des requérants, cette appréciation incombant en premier lieu aux juridictions internes, mais qu’il lui incombe de s’assurer que, au moment où les accusés ont commis les actes qui ont donné lieu aux poursuites et à leur condamnation, il existait une disposition légale rendant leurs agissements punissables.

Note d’Aramis : Et oui, Tous les états se sont donnés le moyen d’intervenir si une personne, même consentante, est mise en danger.

La Cour note d’emblée que les requérants ne mettent pas en cause les dispositions sur le fondement desquelles ils ont été condamnés, mais allèguent que dans une « société permissive, libérale et individualiste », où des formes d’expérience sexuelle collective sont tolérées, le citoyen moyen ne serait plus choqué par nombre de pratiques, qui de ce fait ne devraient pas être pénalement répréhensibles. Quant à l’argument des requérants selon lequel leur condamnation n’était pas prévisible car il n’existe pas de précédent jurisprudentiel comparable, la Cour note que les pratiques en question étaient tellement violentes ‑ et donc sans doute tellement rares ‑ que l’absence de jurisprudence pertinente ne saurait guère étonner. Quoi qu’il en soit, l’absence de précédents ne pouvait être une circonstance empêchant les autorités nationales d’intervenir. Par ailleurs, quant à l’argument des requérants selon lequel ils n’auraient pas dû être condamnés car leurs victimes étaient consentantes, la Cour estime que K.A., qui était magistrat, ne pouvait ignorer le principe selon lequel le consentement de la victime n’annule ni le caractère illégal des faits, ni la culpabilité de l’auteur et, dès lors, ne constitue pas une cause de justification.

Note d’Aramis : Voilà qui réaffirme le principe selon lequel on reste responsable de ses actes. Le consentement (présumé, antérieur, ou même réaffirmé) d’une personne ne retire en rien les responsabilités de l’auteur des faits. Mais vous verrez qu’il n’y avait pas réel consentement.

Selon la Cour, deux éléments doivent être pris en considération. D’une part, il apparaît que les règles normalement reconnues pour ce genre de pratiques n’ont pas été respectées par les requérants : non seulement de grandes quantités d’alcool ont été consommées lors de ces séances, ce qui leur a fait perdre tout contrôle de la situation, mais en outre ils auraient également ignoré que la victime criait « pitié » et « stop », mots par lesquels il aurait été convenu entre les intéressés que ceux-ci devaient mettre fin aux opérations en cours. D’autre part, les requérants ont loué des lieux privés pour se livrer à leurs pratiques car ils les savaient interdites par le règlement des clubs sadomasochistes qu’ils fréquentaient jusque là. Or, les propriétaires ou gérants de ces clubs étaient et sont, du fait de leurs activités, spécialement à même d’évaluer les divers risques que peuvent comporter des pratiques sadomasochistes.

Note d’Aramis : On retrouve là une chose qui existe déjà outre-atlantique. A savoir que les bonnes pratiques BDSM sont connues et que leur non respect est interprété par la justice comme une préméditation d’un mauvais coup. On peut imaginer que la soumise était acoolisée pour l'affaiblir par exemple. Ici le safeword (mot d’arrêt) n’a pas été respecté. Ce n’est plus du BDSM, c’est donc une agression (et préméditée). Idem pour la notion de risque exagéré (donc mise en danger d’autrui).

Dans ces circonstances, les requérants ne pouvaient ignorer le risque de poursuites pour coups et blessures auxquels ils s’exposaient. La Cour tient par ailleurs à rappeler que les intéressés étaient respectivement professionnels du droit et de l’art de guérir.                                                      

La question à trancher est de savoir si l’ingérence dans le droit au respect de la vie privée des requérants était « nécessaire dans une société démocratique ». 

Le droit d’entretenir des relations sexuelles découle du droit de disposer de son corps, partie intégrante de la notion d’autonomie personnelle, laquelle notion peut s’entendre au sens du droit d’opérer des choix concernant son propre corps. Il en résulte que le droit pénal ne peut, en principe, intervenir dans le domaine des pratiques sexuelles consenties qui relèvent du libre arbitre des individus. Il faut dès lors qu’il existe des « raisons particulièrement graves » pour que soit justifiée, aux fins de l’article 8 § 2 de la Convention, une ingérence des pouvoirs publics dans le domaine de la sexualité.                                                                                                                                          

Note d’Aramis : Voilà qui précise les limites d’action d’un état en la matière. C'est aussi important ça. En angleterre des prtaquants "sains " ont eu des problèmes à une époque encore récente. Mais avec cet arrêt, les choses commencent à s'éclaircir.

En l’espèce, la Cour estime qu’en raison de la nature des faits incriminés, la condamnation des requérants n’apparaît pas être une ingérence disproportionnée dans leur droit au respect de la vie privée. Si une personne peut revendiquer le droit d’exercer des pratiques sexuelles le plus librement possible, le respect de la volonté de la « victime » de ces pratiques -dont le propre droit au libre choix d’exercice de sa sexualité doit aussi être garanti- constitue une limite à cette liberté. Or, tel ne fut pas le cas en l’espèce.

Note d’Aramis : En clair, le libre choix est inaltérable. A tout moment une personne doit avoir le moyen d’exprimer son avis et de cesser toute pratique. Vous devez donc intégrer cela dans l'oragnisation de vos pratiques. Toute forme de contrainte détournée (climat de peur, alcool etc...) sera interprétée comme une non-consensualité en cas de problème.                                                                                             

Il apparaît en effet que les engagements des requérants visant à intervenir et arrêter immédiatement les pratiques en cause lorsque la « victime » n’y consentait plus n’ont pas été respectés. De surcroît, au fil du temps, toute organisation, tout contrôle de la situation étaient devenus absents. Il y a eu une escalade de violence et les requérants ont eux-mêmes avoué qu’ils ne savaient pas où elle se serait terminée.                                                                            

Note d'Aramis : La CEH reconnaît donc laux Dominants le devoir de prendre les précautions d'organisation pour que tout se passe sans danger excessif et de façon consensuelle. C'est quand même intéressant !         

Dans ces circonstances, la Cour considère que les autorités belges étaient en droit de juger que les poursuites engagées contre les requérants et leur condamnation étaient des mesures nécessaires dans une société démocratique à la protection « des droits et libertés d’autrui ».

FIN DU TEXTE DE LA CEDH

En conclusion, je vous laisse réfléchir sur l’arrêt de la Cour Européenne. Ce qui est clair c’est que vous êtes responsables de vos actes. A tous ceux qui fantasment un peu trop, qui mélangent rêve et réalité, ou tout simplement qui ne respectent pas leur partenaire, je dirai «arrêtez de rêver ! ». Si vous faites le proxénète, vous êtes un proxénète, si vous ne respectez pas un safeword vous êtes un agresseur, si votre soumise est apeurée et n’ose pas dire stop, c’est pareil. Dans ce dernier cas par exemple c’est un refus tacite de sa part. Vous serez considéré comme le sachant pertinemment. C’est pourquoi les pratiques SS&C ont été développées. Elles protègent aussi les Maîtres et les Maîtresses. Un « safeword » respecté, l’emploi du codes des couleurs prouve au moins vos bonnes intentions. Si vous mettez une personne en danger physique ou moral (de façon grave évidemment), c’est répréhensible. Dans tous ces cas surtout, il n’est pas nécessaire que la victime porte plainte. Il suffit qu’un procureur ou les services sociaux, ou une association d’aide aux femmes victimes, décide d’intervenir.

Mais bon, en général, tout se passe au mieux pour le plaisir de chacun. La preuve, "l'est-y pas beau" ce sourire ?

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Et tout le monde a le droit de vivre ses pratiques sexuelles comme il l’entend, seulement il faut savoir que si ça ne se passe pas bien, il y a toujours des recours.

Amitiés,

Aramis.

Posté par Aramis21000 à 13:25 - 4. Une pratique sécurisée - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2007

LES FONDAMENTAUX A CONNAîTRE

Ce texte est avant tout destiné aux personnes qui veulent débuter en BDSM ou qui se posent la question légitime "comment font-ils ?". En BDSM les gens sont libres. A ma connaissance chacun à le droit de vivre sa vie et sa sexualité comme il l'entend (sous réserve que cela soit légal). Ceci étant il y a un certain nombre de choses qui sont communes à tous les pratiquants un tant soi peu responsables. Disons que ce sont des choses qu'il est indispensable de connaître pour éviter de faire des erreurs. Ensuite le simple bon sens vous incitera à employer ces pratiques une fois que vous en aurez compris l'utilité.

Alors qu'estce que cette boite à outils minimale dans laquelle il faut puiser ? On peut faire la liste de son contenu d'une façon très simple. En premier lieu il faut situer le contexte dans lequel on agit en sachant répondre à certaines questions :

1. C'est quoi le BDSM et quelles sont ses limites ? (voir la partie Le BDSM c'est quoi ?)

2. Pourquoi on parle de BDSM "sécurisé, sain et consensuel" entre personnes complémentaires (dominants, soumis et "switch") ? (voir la partie Le BDSM c'est quoi ?)

3. C'est quoi une pratique réellement consensuelle ? (ça veut dire quoi "entre adultes consentants" ?).

4. Quelle genre de personne soumise ou de personne dominante êtes-vous ? Il s'agit d'éviter les malentendus sur ce qui est recherché par les différents acteurs de cet univers.

Puis viennent un certains nombre d'outils plus pratiques qu'il convient d'utiliser. Ces outils sont universels et leur emploi montre de façon formelle que vous pratiquez en respectant votre partenaire et sans piège. N'oubliez JAMAIS que vous êtes responsables de vos actes et le bon emploi de ces outils est le gage de votre bonne foi quand à la consensualité de vos activités. Ces outils vous aideront aussi à dialoguer avec votre partenaire et ainsi aller vers un certain épanouissement de votre relation ou tout simplement ces outils vous permettront de trouver plus de plaisir dans vos activités BDSM. Ces outils sont :

5. Le safeword et le safesignal : preuves sans ambiguïté de la consensualité mais participent aussi à la sécurité des actes.

6. Des limites consensuelles à respecter : la négociation d'avant séance, le scénario de la séance ou  encore le contrat de soumission.

7. L'après-séance : débriefing et retour au calme essentiel pour un BDSM sain, pour l'orientation de votre relation et tout simplement pour exprimer ce qui vous a plu ou moins plu.

Quelque soit votre expérience, quelques soient vos partenaires, ils connaîtront ces éléments. Si vos partenaires prétendent ne pas les connaître ou estimer qu'il sont inutiles, refusez de pratiquer avec ces gens. Cela signifie qu'ils refusent de pratiquer dans un cadre sain et consensuel. Malheureusement de tels personnes existent, ces gens font souvent des dégats et nuisent à la bonne réputation d'une pratique dont le seul but est de se faire du bien.

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Eventuellement je vous présenterai un outil non indispensable mais très utile :

8. le code des couleurs.

Avec ce bagage là, vous pouvez démarrer sainement. Mais surtout ce bagage-là restera valable quelque soient vos choix ultérieurs en terme de pratiques. Vous noterez que je ne vous parle pas de martinet, de menottes, de pinces ou de choses de ce genres. ça c'est de la technique, presque du détail. D'ailleurs le côté "sécurité" matérielle est en général traité au fil des articles techniques. Vous aprofondirez vous mêmes le maniement de ses instruments en fonction de vos préférences personnelles. On ne fait pas n'importe quoi évidemment mais reportez-vous à la partie "techniques" de ce site ou d'un autre site similaire et vous aurez les explications nécessaires.

A un moment donné vous vous interrogerez sans doute sur vous-même et ce sur ce que vous faites. Je ne pense pas qu'il soit indispensable de faire une introspection pour commencer à faire du BDSM. Mais il peut être utile de s'interroger pour déterminer si ce que vous faites est "sain" ou non pour vous (chaque personne est différente). Pour cela il faut savoir un peu comment l'esprit humain fonctionne mais ce n'est pas indispensable de se prendre la tête avec des questions compliquées. Toutefois vous trouverez dans ce site un minimum d'éléments de psychologie pour essayer de détecter si ce que vous faites est bon pour vous ou bien si cela risque de vous poser des problèmes.

9. Qu'est-ce qu'un BDSM sain ?

Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire et écrire. Disons que c'est là une première volée d'articles qui posent les fondations d'une pratique BDSM. Oh je n'invente rien, je ne fais que reformuler ce qui existe et essayer de donner une cohérence globale à l'ensemble. Surtout j'essaie de replacer le BDSM dans la société moderne et libre qu'est la notre.

Après cette série d'articles sur les éléments fondamentaux de la sécurité en BDSM d'autres viendront qui porteront sur le façon de faire des rencontres par exemple. Comment prendre les précautions nécessaires pour faire une rencontre dans la confiance, c'est important. Ensuite nous verrons... Il ya tant à écrire.

Cordialement,

Aramis

Posté par Aramis21000 à 17:47 - 4. Une pratique sécurisée - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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